Salut,
mon petit,
Je suis allé, comme c'est rendu ma coûtume, te rendre une visite, et ces lignes me sont venues à l'esprit...
Sept longues années … © 2007 par Michel A. Di Iorio
Sept longues années sont venues se greffer
aux jours calendriers ;
mes joies et peines ont remodelé
le temps en bouclier.
Les larmes versées m'ont buriné
de grands ruisseaux de chair ;
en flot de pleurs, cette grande saignée
s'écoule de mon enfer.
J'emprunte la route des grandes poussières,
passée aux oubliettes ;
les noms gravés sur pierres austères
se lisent sur petites vignettes.
Je tourne le coin en saluant
ton grand copain, Émile ;
j'installe ma chaise en grimaçant,
dans l'herbe du mois d'avril.
J'te cause un tout petit peu de rien,
le temps d'un court moment ;
nos voix s'unissent en doux refrain,
comme ça se faisait dans l'temps.
Enfin, je me lève pour caresser
les lettres gravées sur pierre ;
une vie ciselée en résumé
se lit au cimetière.
Sept longues années sont venues se greffer
à ma mélancolie ;
sept longues années trop vite passées
sans toi, mon pauvre petit !
˜
Ton papa qui taime…
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